Je suis une jeune femme de 21ans et je souffre de troubles du comportement alimentaire depuis l'age de 14ans.
Mon anorexie a commencé en avril 2001: j'étais partie en Italie avec ma classe et j'ai fait une grosse intoxication alimentaire. Après plusieurs jours de diète, la faim ne venait pas et sans même m'en rendre compte j'ai commencé à ne plus manger. A la rentrée de printemps, le regard des garçons de ma classe avait changé. Je recevais beaucoup de compliments sur ma silhouette et j'avoue que ça m'a fait énormément plaisir étant donné que j'avais toujours été considérée comme "une enfant ronde".
Reprendre du poids est devenu ma hantise et je voulais toujours perdre 1kilo pour "me laisser de la marge au cas où je grossisse".
Je passais des heures enfermée dans la salle de bain à pleurer et à me dire des choses comme: "T'est une grosse vache", "T'es nulle", "Un gros tas comme toi devrait avoir honte d'exister", à essayer de m'arracher "le gras du bide" ou à "tâter la bête" en traquant le moindre cm² de cellulite.
Petit à petit, des aliments disparaissaient de mon assiette. Ça a commencé par tout ce qui est animal, puis le sucré, puis les féculents, puis les produits laitiers, jusqu'à me retrouver avec des potages et des légumes verts comme seuls aliments autorisés.
A table, je faisais des cinémas pour avoir des menus à part, jusqu'à en faire des crises de larmes ou de colère.
L'anorexie s'est installée car moi-même je ne la voyais pas et il a fallu plusieurs mois pour que mon entourage s'en rende compte.
En juillet 2001, je suis prise en charge par mon médecin pour anorexie, suite à un malaise. A l'époque je pèse 52kgs pour 1m76... Le choix est simple: soit remanger correctement avec suivi soit être hospitalisée.
La balance est cachée, je n'ai plus droit aux repas "à part", les mensonges ne marchent plus, on attache beaucoup d'importance à ce que je mange.
L'année d'après j'ai recommencé à ne plus manger, je faisais mon repas du soir avec mes parents comme si tout allait bien mais en m'arrangeant pour que ça soit léger, sans qu'ils sachent que le matin je ne mangeais pas et que le midi j'allais me promener dans les rues de la ville au lieu d'aller manger. Vers le mois de mai je suis démasquée, je suis renvoyée du self car je "sèche la cantine": La surveillance redouble.
Je me sentais trop mal dans mon corps d'ado avec toute cette graisse autour de moi. Je croyais que personne ne pouvais me comprendre et que les autres voulaient me rendre obèse.
Cette année là, je me suis rendue compte que je ne pouvais plus ne plus manger sans que ça se voit, j'ai donc commencé à vomir tous mes repas.
J'entre en seconde en septembre 2002, personne ne se doute de rien. Chaque jour mon corps crie au secours: j'ai des remontées acides, des douleurs d'estomac atroces, la gorge enflée de l'intérieur, je perds mes cheveux par poignées (ils n'ont jamais étés dans un aussi sale état).
Mais je me sens forte... J'ai le contrôle!
Au lycée, les horaires sont bien différents du collège et ça décale mes crises. C'est insoutenable ! En perdant mes créneaux de crises, c'est toute mon organisation qui fout le camp. Le contrôle que je cherche à avoir, je ne l'ai plus. La frustration est telle que je me déclenche des crises de spasmophilie à répétition.
Mon année de première commence mal : au mois de mai/juin de ma seconde, D., mon copain m'avais quittée et je ne m'en remettais pas. Désespérée, je me vengeais sur la bouffe, en multipliant les « purges » et les excès (sorties alors qu'il y a cours le lendemain, alcool). Mon année est rythmée entre périodes de crises et restrictions draconiennes. Mes parents ne me voyaient quasiment plus car je ne supportais plus rien.
Bien évidement j'ai redoublé car plus rien ne m'intéressais et je m'étais mise dans la tête que si D. ne voulait plus de moi c'est parce qu'il avait honte de moi... d'être avec une grosse vache !
Pendant ma deuxième 1ere je suis sortie avec M., un ami devenu petit ami. Je le trouvais drôle, plein de vie, mais en réalité ce n'était qu'une façade. Moi qui étais déjà très mal dans ma peau, j'ai vite déchanté. Complètement dépressif et morbide, il me rendais encore plus mal sans le vouloir. Les crises (non-vomitives cette fois) ont repris encore plus violentes : Celui qui se mettais entre moi et le frigo était un ennemi qu'il fallait détruire. Je mangeais en cachette, souvent la nuit, tout et n'importe quoi, le but n'étant pas de se nourrir ou de prendre du plaisir mais de se remplir au bord de l'explosion. Pendant les crises tout y passait : sucré, salé, sauces à même le bocal/bouteille, aliments encore congelés/périmés, pates crues....
Juste après je me sentais mal, j'avais honte, je pleurais et je m'en voulais d'avoir été aussi faible.
Vers le milieu de ma terminale, je ne rentrais plus dans aucunes de mes fringues. J'en étais arrivée à 82kgs. Ma mère avait même honte que je sorte avec elle avec mes fringues prêtes à craquer et m'avait emmenée acheter des pantalons. Là, le choc ! Taille 46 et encore je rentrais pas dans tous ! J'étais en larmes. Puis j'ai commencé à voir un nutritionniste et un psy suite à la demande de ma gynécologue qui trouvait très étrange qu'en 2ans j'ai pris plus de 25kilos.
En septembre 2006, j'entre en première année de fac. Grâce au régime de la nuitri j'ai perdu 8kgs en un peu plus de 6mois. J'ai envie de vivre, de rencontrer du monde, d'arrêter de déprimer... Une seule solution... rompre avec M., avec qui je suis depuis 2ans.
Mais les vieux démons reviennent vite et sans m'en rendre compte je descends à 65kg... presque une dizaine de kilos perdus en 2mois. Cette année là, j'ai du faire 4ou5 crises vomitives.
En septembre 2007, j'arrive en deuxième année dans une autre ville. Je suis à 62kgs...en tout j'aurais perdu 20kgs en 1an et demi.
En juin 2008 je n'en pesais plus que 57 et la chute de poids à continué...continué...
J'en ai marre de me faire bouffer la vie par cette saloperie de maladie!
J'ai besoin de parler, de me défouler et de me battre pour m'en sortir surtout que je suis encore à une période où elle me rattrape dès que j'ai une petite baisse de moral... De toute façon avec moi c'est tout ou rien je passe d'un état quasi dépressif à l'euphorie selon les jours.
J'ai déja un blog perso mais cette facette de moi est beaucoup trop intime pour pouvoir en parler librement du coup je ne vois pas d'autres solutions que de créer un deuxième blog...
Vous ne verrez pas mon visage sur le blog car ça me fait un peu peur de l'afficher sur skyblog, pourtant sur le forum de soutien où je suis ça ne me dérange pas mais je sais pas j'ai peur que quelqu'un de proche tombe dessus.
J'en ai assez de jouer à la girouette avec ma vie mais c'est plus fort que moi: un jour je vais être hyper motivée, reprendre un kilo et être fière de moi et le lendemain culpabiliser et essayer de perdre un maximum.
Ce blog sera donc mon journal de bord où j'essaierais de noter au jour le jour mon état d'esprit, et si je tiens mes engagements, je pourrais dans quelques mois faire le bilan de mes progrès.
Pro-ana vous n'êtes pas les bienvenues... Vos demandes d'amitié seront refusées et je ne vous donnerais aucun conseil pour maigrir!